Principaux impacts, risques et opportunités

Contexte économique

L’activité économique mondiale reste affaiblie par la guerre en Ukraine, le resserrement de la politique monétaire pour contenir les pressions inflationnistes avec le durcissement des conditions financières dans la plupart des régions et les tensions sur les chaînes d’approvisionnement. L’assouplissement des restrictions visant les usines en Chine a exercé un effet modérateur. Alors qu’il prévoyait en début d’année une croissance de 4,4% pour l’année 2022, le FMI a publié en janvier 2023 dans son rapport révisé sur les perspectives, une révision à la baisse du taux de croissance qui se situerait autour de 3,4% après une première révision en avril 2022 à 3,6%. 

Le premier risque auquel le groupe est exposé est celui de liquidité, qui s’accompagne de celui du taux d’intérêt, dans un contexte d’instabilité marquée. Les risques opérationnels nécessitent aussi de l’attention afin de renforcer nos processus qui différencient et valorisent nos offres. La digitalisation est enfin un enjeu majeur, qui s’accompagne de risque tels que celui de la cybersécurité ou de la protection des données personnelles.

Julien KOFFI
Directeur commercial et marketing
Contexte africain

Dans un contexte de croissance démographique forte où 40% de la population a moins de 15 ans et que 84% de l’économie est informelle, le Groupe Orabank veille à l’identification et à la compréhension à la fois des attentes majeures de son écosystème, aux différents risques auxquels il fait face dans le cadre de ses activités et aux opportunités que son métier et son territoire lui présente.

Comme l’ensemble des entreprises, le Groupe Orabank, au travers de ses activités, interagit avec son environnement sociétal. L’identification et l’analyse des impacts du Groupe sur son environnement font partie de sa démarche de développement durable pour orienter ses actions vers une réduction des effets négatifs et une valorisation des effets positifs, tant pour lui-même que pour ses parties prenantes.

L’Afrique connaît un double fardeau de maladies : celui des maladies infectieuses endémiques et celui de la Covid-19 qui s’est déclaré au début de l’année 2020 sur le continent. De plus, sa capacité à fournir des soins intensifs est la plus faible au monde. La distanciation sociale semble difficile à mettre en œuvre sur le continent, où la majorité de la population vit avec moins de deux dollars par jour et le poids de l’économie informelle est considérable. En 2019, le secteur employait 86 % des emplois, d’après une étude de l’OIT. Cela signifie que la grande majorité des habitants n’a pas d’emploi formel avec un salaire lui permettant de subvenir à ses besoins de manière régulière.

En Afrique subsaharienne, les perspectives à court terme sont contrastées et étroitement liées à l’évolution de l’économie mondiale. Sur le plan local, la situation sociopolitique et sécuritaire de nombreux pays demeure particulièrement délicate. Après le rebond observé en 2021, la croissance du PIB devrait ralentir fortement de plus de 1 point de pourcentage, à 3,8 % pour 2022 selon les estimations du FMI publiées en janvier 2023.

L’augmentation du prix du baril de pétrole en raison de la guerre en Ukraine occasionne une augmentation des charges liées au fret maritime et entraine donc une augmentation du coût du transport et de la chaine d’approvisionnement.

En ce qui concerne la zone UEMOA, la croissance devrait ressortir en 2022 à 4,9% avec en repli de 1% par rapport 2021. Cette tendance est observée dans nos différents pays d’implantation à l’exception du Niger qui devrait connaître une variation positive. Le taux d’inflation dans l’union devrait atteindre un niveau élevé en 2022 en lien avec l’envolée des cours internationaux des denrées alimentaires et des produits pétroliers importés. Au titre de la situation monétaire et financière de l’UEMOA, la BCEAO a procédé au relèvement des taux directeurs en juin 2022, septembre 2022 et décembre 2022. Sur le plan politique, la CEDEAO a levé les sanctions à l’encontre du Mali le 03 juillet 2022 et l’Etat malien a procédé à l’émission de bons et d’obligations du Trésor, organisée le 09 août 2022 et qui a permis de régler le reliquat des impayés de la dette de marché émise par adjudication, soit 215 milliards FCFA.

Dans la zone CEMAC, l’activité économique a été orientée à la hausse. Elle est portée par la bonne tenue de la demande intérieure et la hausse des cours du baril de pétrole, ainsi que le regain de reprise des secteurs sinistrés par la pandémie de Covid-19. La BEAC table sur un taux de croissance de +2,90% pour un PIB réel en 2022 (contre 1,7% en 2021). Le comité de politique monétaire n’a pas changé les taux directeurs depuis sa réunion du 28 mars 2022.

En Guinée, selon le dernier rapport de la Banque Mondiale publiée en mars 2023, la croissance du PIB en 2022 a atteint 4,7%, après une forte accélération des activités minières. Sur la même année, l’inflation est estimée à 12.1 %, une légère baisse par rapport à 2021 (12.6 %), du fait d’une politique monétaire restrictive et d’une forte appréciation du taux de change.

Enfin pour la Mauritanie, la croissance s’est accélérée passant de 2,4 % en 2021 à 5,2 % en 2022, portée par l’augmentation des exportations du côté de la demande, et l’expansion du secteur agricole du côté de l’offre. L’inflation annuelle moyenne a atteint 9,5 % en 2022. Le Conseil de Politique Monétaire reste préoccupé par l’évolution de l’inflation et a décidé de suivre de près l’évolution des prix et de resserrer la politique monétaire en relevant au besoin le taux directeur.

Économie informelle

Le secteur informel en Afrique de l’Ouest est l’un des principaux moteurs d’activité économique. En Afrique subsaharienne, 89% des employées femmes travaillent dans le secteur informel, qui représente 80% de l’emploi total de la région et 55% du PIB. Les revenus irréguliers et faibles des travailleurs du secteur informel les rendent particulièrement vulnérables aux chocs économiques, notamment la pandémie COVID-19, les épidémies de criquets ou le déplacement forcé.

Orabank a pris la décision de suivre les recommandations de la TCFD (Task Force on Climate-related Financial Disclosures) pour améliorer sa politique climat et énergie intégrée à la stratégie RSE du Groupe. Le présent rapport intégré de 2022 comprend un examen de la mise en œuvre du programme et des progrès accomplis dans la réalisation des objectifs climatiques, notamment en matière de croissance verte. Une étude approfondie des impacts, des risques et des opportunités sur la stratégie du Groupe Orabank ainsi que les actions de résilience mises en place par le Groupe pour répondre à ces risques a été menée.

Au cours des deux dernières décennies, la production et l’emploi informel en Afrique sub-saharienne ont chuté de 5 et 6 points de %, respectivement. L’informalité est plus élevée dans les pays à faible revenu, les États fragiles et les pays exportateurs. L’emploi informel a dépassé 85 % de l’emploi total, en moyenne, au Bénin en 2010-18. Parmi les sous-régions, c’est en Afrique centrale et en Afrique de l’Ouest que la proportion moyenne d’informels était la plus élevée, soit respectivement 80% et 84% par rapport à 50% en Afrique australe.

SYMRES

Le SYMRES (système de management des risques environnementaux et sociaux) est la démarche du Groupe Orabank pour gérer ses risques ESG. Il vise à identifier et atténuer les risques sociétaux potentiels liés à tout nouveau projet d’investissement soumis à la banque. Il doit éviter que la banque ne finance des projets ou activités qui auraient un impact social ou environnemental négatif significatif, qui pourrait se transformer en risque financier ou de réputation. Il a été élaboré par la Direction Juridique et RSE, déployé en 2017 au sein de toutes les entités du Groupe et approuvé par le Conseil d’Administration d’Oragroup.

Le SYMRES comprend un manuel de procédures de gestion des risques environnementaux et sociaux, une liste d’exclusion des demandes de financement, une mise en contexte sur les risques ESG de chaque pays d’implantation du Groupe Orabank, un outil de cotation des risques ESG pour les entreprises et un dossier d’analyse à intégrer dans les contrats.

Pour répondre à une attente de la gouvernance d’une meilleure application du système de gestion des risques ESG et devant l’augmentation des risques potentiels de réputation et d’image, sans compter les risques de non-conformité réglementaire, il était indispensable de renforcer le système, notamment pour accompagner nos clients entreprises sur la voie d’un développement durable. Des risques sont effet régulièrement constatés sur les aspects ESG (non-conformité réglementaire sociale ou environnementale, non-respect des procédures administratives, etc.) et il convient de renforcer la compréhension de ces risques et de leurs impacts par nos chargés de clientèle. Par ailleurs, un manque d’éducation des dirigeants d’entreprise est constaté car ils sont très peu sensibilisés sur les sujets RSE.

En 2020, le Groupe Orabank a entrepris une révision de sa cartographie des risques extra-financiers pour aligner et mettre en perspective sa stratégie RSE avec ses orientations stratégiques de développement. Les risques ESG auxquels le Groupe peut potentiellement être confronté ont été identifiés et traités pour réduire leur portée et leur occurrence. Une liste complète de risques a été élaborée selon les différentes thématiques abordées dans les référentiels internationaux reconnus pour leur pertinence (TCFD, GRI/SASB, COSO ESG-ERM, WBSCD, UN-PRI, ODD, et). Le COSO et le WBCSD ont publié un guide pour la mise en place de système de gestion des risques ESG. Cette méthodologie est appliquée dans le cadre du projet de révision des risques ESG du Groupe Orabank.

Orabank a pris la décision de suivre les recommandations de la TCFD (Task Force on Climate-related Financial Disclosures) pour améliorer sa politique climat et énergie intégrée à la stratégie RSE du Groupe. Le présent rapport intégré de 2022 comprend un examen de la mise en œuvre du programme et des progrès accomplis dans la réalisation des objectifs climatiques, notamment en matière de croissance verte. Une étude approfondie des impacts, des risques et des opportunités sur la stratégie du Groupe Orabank ainsi que les actions de résilience mises en place par le Groupe pour répondre à ces risques a été menée.

Le portefeuille du Groupe est représenté à hauteur de 44% par les grandes entreprises et 29% par les PME, ce qui fait un total de 73% pour les entreprises qui constituent la cible prioritaire de la refonte du SYMRES. Un comité de pilotage regroupant 35 membres de directions du Groupe (Direction Exécutive, Gestion des Risques, Trésorerie, Commerciale et Marketing, Juridique et Contentieux, Crédit et Communication Externe) a été constitué et réuni pour mettre en œuvre un plan d’action en 3 étapes :

  1. Analyse des opportunités liées aux Objectifs de Développement Durable des Nations Unies ;
  2. Étude des secteurs d’exclusion du périmètre de son portefeuille ;
  3. Priorisation des risques ESG du Groupe Orabank et des principaux secteurs d’activités de ses clientèles d’entreprises.
Renforcement de la gouvernance des risques

Le Directeur des Risques du Groupe Orabank est responsable de la supervision des risques et opportunités ESG. Les membres du Conseil d’Administration et le Directeur Général du Groupe sont régulièrement informés du déploiement des actions stratégiques du Groupe dans ce domaine.

Le rôle du Comité des Risques consiste à assister le Conseil d’Administration dans sa mission de surveillance de la mise en œuvre du dispositif de gestion des risques. En 2022, le Conseil d’Administration a approuvé :

  • Le renouvellement annuel du Plan Préventif de Redressement d’Oragroup (transmis au régulateur) ;
  • Les limites annuelles de pertes opérationnelles maximales pour chaque entité ;
  • Les limites annuelles de risque de change ainsi que les ratios de bilan relatifs au risque de liquidité pour chaque entité ;
  • Le rapport annuel sur le dispositif global de gestion des risques (transmis au régulateur) ;
  • La mise à jour des hypothèses d’évaluation des pertes de crédit attendues sous les normes IFRS 9.

Au cours de l’année 2022, les réunions des Comités des risques se sont tenues à une fréquence régulière. Ainsi, 29 réunions se sont tenues au niveau de la Holding et de toutes les entités. Par ailleurs, afin de renforcer la surveillance des activités de gestion des risques, la Direction des Risques 16 d’Oragroup a participé à toutes les réunions des Comités des risques des Conseils d’Administrations des entités du Groupe.